N3 : Essoufflement et déshydratation

Sommaire : 

  • L'essoufflement
    • Description du mécanisme
    • L'essoufflement en plongée
    • Conduite à tenir
    • Prévention
    • Conclusion
  • Déshydratation
    • Les causes
    • Les conséquences
    • La prévention et l'effet de l'alcool
    • Conclusion

Essoufflement

Description du mécanisme

- Phase 1 : dès que le taux de CO² augmente dans le sang, le corps réagit en traduisant « manque d’O² ». Pour palier à ce manque d’O² notre corps nous demande d’augmenter l’amplitude et la fréquence ventilatoire. Cela peut suffire à faire diminuer le taux de CO² dans le sang pour revenir à un taux « normal », la situation se stabilise.

- Phase 2 : mais si le taux de CO² continue à augmenter, le corps continue à demander plus d’O². Cela se traduit par une augmentation de la fréquence ventilatoire et une augmentation de l’inspiration au détriment de l’expiration. Le corps n’a plus le temps d’expirer.Cela entraine une diminution de l’amplitude ventilatoire et donc un effet plus important du volume mort. Ce déficit d’expiration et l’effet du volume mort font que l'air alvéolaire est moins bien renouvelé. La concentration de CO2 augmente encore. C'est le début de l'essoufflement.

- Phase 3 : la concentration de CO2 continue à augmenter. Le déficit expiratoireet la faible amplitude ventilatoire combinée avec l’effet du volume mort, empêche d’évacuer le CO². C’est un cercle vicieux. L'essoufflement est établi, la personnea l'impression d'étouffer.12

L'essoufflement en plongée

Le mode de ventilation sous l’eau n’est pas le même qu’en surface

  • Phase inspiratoire : le diaphragme s’abaisse et les muscles releveurs des côtes se contractent. Le volume de la cage thoracique augmente créant une dépression dans les poumons et donc un appel d’air. Cette phase est la même en surface et sous l’eau, c’est une phase active.

  • Phase expiratoire :

    • en surface au repos : le relâchement du diaphragme et des muscles intercostaux suffit à diminuer le volume de la cage thoracique. Cette diminution du volume entraîne une augmentation de la pression dans les poumons et l’air est expulsé. C’est une phase passive.

    • En immersion et/ou lors d’un effort : cette phase devient active en particulier pour vaincre la résistance du détendeur. Certains muscles abaissent les côtes et remontent le diaphragme.3

Sous l'eau, le plongeur est un insuffisant respiratoire.

Plusieurs causes augmentant le travail inspiratoire (1) ou diminuant le débit expiratoire (2) ou les deux (1+2)

(1) L’afflux sanguin vers le thorax, dû à la vasoconstriction dans les extrémités, diminue l’élasticité des poumons. Cela entraine un effort plus important pour faire varier le volume des poumons.

(1+2) Avec la pression et le froid, la densité de l’air augmente, il devient plus lourd.

Cela entraine des efforts inspiratoires et expiratoires plus importants.

(1+2) Les détendeurs, aussi performants soient-ils, nécessitent un effort supplémentaire à l’inspiration comme à l’expiration (ouverture des clapets) par à rapport à une ventilation sur terre.

(1) La combinaison qui doit être bien ajustée pour éviter la circulation de l’eau exerce une pression sur la cage thoracique augmentant l’effort inspiratoire.

L’essoufflement concerne les plongeurs débutants comme les plongeurs confirmés.

  • Un débutant peut s'essouffler car, n'étant pas habitué au milieu, il va faire plus d'efforts que nécessaire et n’aura pas le réflexe de souffler. De plus le stress des premières immersions va le pousser à gonfler ses poumons et à bloquer sa respiration. Si on ajoute l'effet combiné du froid et de la combinaison qui limitent l'amplitude ventilatoire, il va respirer poumon plein (en utilisant le VRI). Il va donc mal évacuer le CO2 et s’essouffler.

  • Un plongeur confirmé peut s’essouffler lorsque certaines conditions sont réunies comme un effort au-delà de ce que sa condition physique lui permet, la profondeur, le froid, le stress (manque de visibilité). Par exemple une plongée sur le Donator lorsqu’il y a du courant, de l’eau froide et peu de visibilité peut réunir les conditions de l’essoufflement.Un élément matériel comme un détendeur mal réglé (dur) ou un bloc mal ouvert peut être l’élément déclenchant un essoufflement.45

L’essoufflement en plongée est un évènement grave pouvant être fatal (surpression pulmonaire, noyade)

Le plongeur essoufflé a l’impression d’étouffer et peut faire une panique. Il ne pense qu’à remonter à la surface pour reprendre son souffle.

Il peut cracher son détendeur et se noyer, faire une remontée catastrophe en bloquant sa respiration entraînant une surpression pulmonaire ou/et un ADD.

Le sur-lestage est un facteur important d’essoufflement

Le sur-lestage oblige à un effort plus important pour se déplacer. Cet effort cumulé à un effort ponctuel comme le palmage à contre-courant, peut amener le plongeur à rentrer dans la zone « dangereuse » (phase 2).

Conduite à tenir

  • Faire cesser tout effort, pour diminuer la production de CO2

  • Remonter immédiatement, la diminution de la pression va réduire les facteurs favorisants. En cas d’assistance maintenir le détendeur en bouche

  • Calmer, rassurer pour éviter tout risque de panique

mais attention au sur-accident, savoir se protéger en cas de panique.

En cas d'essoufflement en surface, attendre le retour à la normale car la situation ne peut que s'aggraver sous l’eau.

Prévention

SOUFFLER ! SOUFFLER ! SOUFFLER ! SOUFFLER ! … dès qu’un signe d’essoufflement apparaît.

Apprendre à se connaître pour bien identifier ces signes.
Par exemple, après un effort soutenu, vérifier que l’on est capable de vider complètement ses poumons en soufflant longuement. En cas d’impossibilité, c’est qu’on est à la limite de l’essoufflement.

Etre vigilant à tout signe d’essoufflement des autres membres de la palanquée.

Surveiller le chapelet de bulles au-dessus des plongeurs, la consommation et la position.
Un plongeur bien stabilisé doit être en position horizontale avec un palmage lent. Une position inclinée avec un palmage rapide signifie un mauvais équilibrage compensé par le palmage et donc un effort important et continue.

Limiter ses efforts

C’est la principale cause de l’essoufflement, il faut adapter ses efforts à sa condition physique et ne pas hésiter à modifier sa plongée en cas de courant par exemple (raccourcir le parcours prévu).

Maintenir une bonne condition physique

Comme pour n’importe quel sport, la condition physique repousse les limites (sans les faire disparaître)

Limiter la profondeur

En cas de doute, courant, fatigue, froid etc... réduire sa profondeur

Conclusion

L’essoufflement est un risque assez courant, beaucoup de plongeurs en ont fait la douloureuse expérience.

Même si tous les cas d’essoufflement ne sont pas dramatiques c’est une expérience particulièrement désagréable et traumatisante.

Bien se connaître pour détecter le plus en amont possible les signes d’essoufflement et avoir le bon réflexe, SOUFFLER, SOUFFLER et SOUFFLER encore, permettent la plupart du temps de se prémunir de ce risque à condition de respecter les règles habituelles de prévention en plongée, être réaliste sur ses capacités et ne pas aller au-delà de ce que l’on peut faire.

Déshydratation

Les causes

Elles sont diverses

  • La diurèse d’immersion
    En immersion, un plongeur subit l’effet combiné de la poussée d’Archimède sur tout le corps et la pression de sa combinaison.
    Cela a pour conséquence de répartir différemment le sang dans le corps en le faisant refluer des extrémités vers le thorax.
    Face à cet afflux de sang, le corps réagit en déclenchant une réduction du volume sanguin par les reins puis la vessie.6

  • La sudation
    Très fréquente sur les bateaux l’été en particulier au moment de s’équiper

  • L’humidification de l’air expiré.
    L’air dans les blocs est très sec, or l’air que nous expirons est humide.

  • L’eau perdue par des embarras intestinaux
    Très fréquents lors des voyages en mer chaude.

  • La diurèse de lutte contre le froid
    Le mécanisme est le même que la diurèse d’immersion

Les conséquences

La déshydratation provoque une augmentation de la viscosité sanguine.

Or cette viscosité sanguine plus importante ralentit le transport des gaz dans le corps et en particulier le transport des bulles.

La déshydratation est un facteur favorisant les ADD

Le sang plus épais circule moins facilement or il est le principal vecteur de la désaturation en N².

  • Les bulles peuvent se bloquer plus facilement et mettre plus de temps pour arriver aux poumons et être évacuées

  • Certains tissus alimentés par de très petits vaisseaux mettront plus de temps à se désaturer

La déshydratation augmente aussi le risque d’essoufflement

Comme pour l’N², les échanges de CO² sont ralentis et le plongeur aura plus de difficultés à faire baisser son taux dans le sang.

La prévention et l’effet de l’alcool

Il faut BOIRE !!!

  • Pas seulement juste avant la plongée mais plusieurs jours avant afin de bien saturer son corps

  • Après la plongée pour reconstituer ses réserves et même sans sensation de soif.

  • De l’eau, c’est la meilleure solution pour maintenir un bon niveau d’hydratation sans apport supplémentaire de sucre par exemple (sodas)

Il faut limiter sa consommation d’alcool

L’alcool est (entre autres choses) un facteur favorisant la déshydratation.
Le corps a besoin d’eau pour le « digérer ». Donc toute prise d’alcool quelques heures avant la plongée favorise la déshydratation.

Conclusion

La déshydratation diminue la capacité de notre corps à réagir aux conditions d’immersion.

Or lutter contre la déshydratation est facile, il suffit de boire de l’eau en quantité suffisante. C’est un geste basique et naturel utile pour la plongée mais aussi pour sa vie courante, il ne faut pas le négliger.

Pour télécharger cette partie cliquez ici :  N3-Essoufflement et déshydratation (1060 téléchargements)

 

Retour au sommaire